Les stratégies d'enseignes
 
Les programmes de fidélité n'ont pas passé le cap du digital
Source : Source : Capgemini - E-marketing – 31 mars 2015

Capgemini s’est livré à une intéressante étude sur les programmes de fidélité. 160 programmes ont été étudiés
- 97 % sont uniquement basés sur les achats réalisés par les clients.
- 11 % seulement offrent des récompenses personnalisées basées sur l'historique d'achat du client ou sur la localisation de ses données.
- 16 % seulement récompensent les clients pour leurs activités, tels que répondre à des sondages en ligne, noter et évaluer les magasins ou recommander le programme à des amis.
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Seuls 14 %  emploient, par ailleurs, un mécanisme de "gamification" pour récompenser leurs clients.
- Moins d'un programme de fidélité sur dix (9 %) offre des échanges de points à travers tous les canaux.
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79 % utilisent le téléphone portable, alors que seuls 24 % de ces mêmes programmes permettent l'achat à travers ce terminal. La plupart d'entre eux ne parviennent donc pas à offrir des services d'échanges cross-canal.
Les programmes de fidélité ne parviennent pas à engager les clients, à l'ère du digital. Le faible taux de participation des consommateurs s'expliquerait principalement par la faiblesse de la personnalisation et à l'absence d'adaptation de ces programmes aux outils digitaux.

La faible digitalisation de la fidélisation se répercute sur l'opinion des clients. Manque de pertinence de la gratification, structure de récompense jugée trop rigide, problèmes d'expérience client récurrents sur les canaux en ligne, service client de faible qualité : tels sont les principaux reproches adressés par les consommateurs aux marques sur les réseaux sociaux.

Comment améliorer la pratique ? Les marques doivent revisiter leur approche de la fidélité. La clé est d'intégrer le programme de fidélité au sein même de l'expérience client et de récompenser l'engagement à la marque aussi bien que la simple transaction. De plus, en renforçant la pertinence et la personnalisation des programmes, les entreprises vont pouvoir enrichir ces programmes d'engagement et intensifier la relation client avec la marque.

Décryptage promotion de Philippe ingold

Si les programmes de fidélité utilisent le digital, il ne semble pas qu'ils en exploitent les possibilités en termes de personnalisation et de participation. Ce sont plus des programmes de distribution de points ou de cash-back, sans intégration d'éléments de participation non transactionnels.



Carrefour fait tester les produits
Source : http://monavislerendgratuit.com/
Carrefour vient de lancer un site de marketing participatif  dédié à l'essai de produits "Mon Avis le Rend Gratuit". Le principe général est assez simple : obtenir des avis de consommateurs sur les nouveaux produits de marque en leur permettant de les tester gratuitement grâce à l'émission de coupons à échanger en magasin.
Concrètement, c'est un peu plus compliqué. Le shopper doit tout d'abord s'inscrire sur le site en donnant des éléments de qualification. Sur cette base, il lui est proposé une sélection adaptée et accordé un crédit de 450 points lui permettant de sélectionner de 1 à 4 produits. Pour chaque produit choisi, lui est soumis un questionnaire assez long sur sa consommation de la catégorie, ses attitudes par rapport au produit, le niveau de prix attendu, les intentions d'achat, etc. Lui est alors envoyé les coupons lui permettant d'obtenir gratuitement les produits en magasin (par déduction sur le ticket de caisse), sous réserve toutefois de réaliser au moins 30 € d'achats.
Après consommation du produit, le shopper doit donner son avis afin de recharger son crédit et continuer à bénéficier du système. Il peut obtenir des crédits supplémentaires en invitant ses amis.
Aujourd'hui, seuls 50 points de vente participent à l'opération.
Décryptage promotion de Philippe ingold

La démarche est vraiment intéressante. Elle permet à la fois de constituer une grosse base de test de nouveaux produits, dans l'intérêt de l'enseigne, mais aussi des nombreuses marques participantes, d'entretenir une relation participative avec les shoppers, de créer du trafic en magasin et enfin d'augmenter la pénétration du produit.
Maintenant, on peut s'interroger sur les objectifs réels du site. Si la démarche vise pour l'essentiel à tester les produits, l'échantillon de 50 magasins est bien suffisant et la lourdeur des questionnaires acceptable. Si, en revanche, il s'agit de créer une vraie dynamique participative, l'enseigne devra généraliser l'offre à l'ensemble du réseau et simplifier les questionnaires. A améliorer et à suivre !


 
Darty fait de la promotion
Source : http://www.darty.com/achat/boutique/dartydays/index.html
L'enseigne  organise les Darty Days, du 15 mai au 25 juin 2013, soit dans la période des fêtes des mères et des pères.
Le principe en est de collecter des points permettant de recevoir un carte cadeau valable sur la période de rentrée.
1 point pour 1 € d'achat, 50 points en plus à partir du 2ème achat, et 30 à 50 points sur des produits bonus.
A la clé, une carte cadeau de 5 € tous les 100 points.
Cerise sur le gâteau, un jeu gratuit par tirage au sort,  avec un canal gratuit. 10 000 € de produits Darty à gagner.
L'opération est soutenue par un gros dispositif média, notamment en radio.
Décryptage promotion de Philippe ingold

L'événement, c'est la conversion de Darty à la promotion. Sans doute sous l'influence de sa nouvelle direction, mais aussi de ses mauvais résultats. L'électroménager a été pendant très longtemps un marché aux prix bien contrôlés sur lesquels al différence se faisait sur le service, domaine sur lequel Darty excellait. Cette stratégie n'était plus tenable avec la nouvelle concurrence des sites de commerce électronique.
L'opération est bien conçue dans son principe et devrait pouvoir développer les achats multiples.
Mais l'avantage économique reste tout de même assez faible. Imaginons, par exemple, l'achat de deux produits de 200 € bénéficiant chacun de 100 points bonus. Nombre de points cumulés : 400 pts + 200 pts bonus + 50 pts sur le 2ème = 650 points, soit 6 cartes cadeaux de 5 €. et donc un avantage différé de 30 € pour 400 € d'achat, soit 7 %. Pas sûr que cela soit suffisant face à des offres très agressives !
La promotion reste toutefois une arme intéressante pour évoluer dans un contexte concurrentiel violent, sans dégrader le prix habituel et en obtenant des contreparties de l'avantage économique en augmentation des quantités achetées. Et aussi en justification d'un événement commercial, permettant de souligner le dynamisme et la compétitivité de l'enseigne.


 
Cdiscount crée un  "rayon supermarché"
Source : http://tr.news.cdiscount.com/

Maintenant vous pouvez commander des produits PGC sur Cdiscount. Les livraisons sont gratuites en points relais, souvent des magasins Casino, à partir de 20 € d'achat. Nous n'avons pas trouvé trace de la gratuité annoncée de la livraison à domicile.
Comme toujours chez Cdiscount, les remises annoncées sont exceptionnelles, en fait de l'ordre de 10 à 20 % sur les grandes marques. Mais parfois plus intéressantes, comme sur l'entretien et l'hygiène beauté.
Condition générale : l'achat en quantités. Exemples : 9 plats préparés Barilla pour 20 € 68 (- 14 %). Lot de 6 Sun tablettes pour 26 € 50 (- 13 €)

Décryptage promotion
de Philippe ingold

C'est bien sûr un événement intéressant à analyser, sachant que le commerce électronique alimentaire n'a pas encore fait la preuve de sa rentabilité. Mais ici, on est plus proche d'un "Drive" un peu artisanal, en s'appuyant sur la structure de points de retrait existante.
Les offres sont-elles attractives pour les shoppers ? sachant les quantités imposées .... Ce n'est pas sûr en comparaison des offres NIP des grandes enseignes. Le système garde un certain intérêt pour les produits à forte fréquence d'achat (bébé, petfood), mais c'est aussi là que les remises offertes sont les plus faibles. A suivre.


 
La promotion, enjeu de la collaboration entre marques et enseignes
Source : LSA - 14 février 2013
Cet article de LSA relate l'entretien des deux co-présidents d'ECR France, Vincent Ringenbach (Cora) et Tristan Farabet (Coca-Cola). Un part importante de cet entretien était consacrée aux promotions. Un grande convergence peut être constatée sur ce sujet.
- Dans un contexte de foisonnement néfaste, il faut se concentrer sur l'efficacité des promotions.
- Les NIP, qui ont été mis en place dans le contexte de la loi Galland perdurent paradoxalement, ce qui génère une surenchère aberrante. Ce qui est destructeur pour la confiance du consommateur qui se pose la question du vrai prix.
- Les promotions concernent 10 000 références alimentaires sur 25 000, 15 000 en non alimentaire sur 50 000. Une limitation parait souhaitable.
- La France n'est pas un pays surpromotionné, mais certainement le pays où les promotions sont les plus compliquées.
- Le but de la promotion est de créer du business incrémental sur la catégorie et de générer de la valeur pour tout le monde
- Un exemple sur la catégorie des soft drinks : une promotion fond de rayon génère 7 € de CA additionnel, 24 € en MEA, 27 € en prospectus et 109 € en MEA + prospectus.
- Des écueils à éviter : superposer une message de promotion et un message de fidélité, promotions excessives qui décrédibilisent la notion de juste prix.
- Il faut qu'une promo reste simple et compréhensible, sans multiplier les mécaniques.
- Il faut une différence de prix entre un prix de fond de rayon et une promotion, ce qui n'est pas toujours le cas.
- La théâtralisation est essentielle mais on ne peut multiplier les produits en MEA, sinon l'attractivité des promotions serait moins forte.
Décryptage promotion de Philippe ingold

Le caractère consensuel d'ECR France permet de délivrer une analyse commune aux enseignes et aux marques. Celle-ci n'est par ailleurs décoiffante et rejoins largement celles des observateurs du marché.

Malheureusement la réalité quotidienne est différente, les enseignes et les marques n'ayant pas nécessairement les mêmes objectifs.
Ainsi les marques ne cherchent pas nécessairement à faire progresser leurs catégories (sauf en situation de leadership comme Coca-Cola). Beaucoup visent par exemple une augmentation de leurs taux de nourriture, même de façon ponctuelle.
Quant aux enseignes, elles veulent créer du trafic, retenir ou fidéliser leurs clients, tout en soignant leur image prix (surtout dans le contexte actuel). En utilisant notamment des promotions très agressives sur les prix.
Dans le contexte actuel de baisse de la demande et d'exacerbation de la concurrence et marqué par les difficultés des enseignes intégrées, nous ne sommes pas particulièrement optimistes sur la capacité des acteurs à développer de bonnes pratiques ....


 

Carrefour annonce le gel du déploiement du concept Planet
Source : Newsletter LSA - 8 mars 2012

Carrefour annonce une « une pause pragmatique » du déploiement du concept, ou « des conversions réduites significativement en 2012 ». en clair Carrefour suspend le déploiement de son concept Planet.  Alors qu’il y avait 81 magasins Carrefour Planet à la fin 2011 (29 en France, 39 en Espagne, 10 en Belgique, 2 en Italie et 1 en Grèce), seuls 11 seront convertis au concept en 2012 : 3 en France, 5 en Espagne et 3 en Belgique. « Et la poursuite du déploiement dépendra de l’optimisation du modèle des magasins déjà convertis, et de la baisse des coûts de conversion ».

On est donc loin très loin des effets d'annonce des débuts. On prévoyait alors 245 Planet et 255 remodelages en Europe. L’objectif était de réaliser un chiffre d’affaires additionnel de 18 % sur ces 500 hypers, et de 650 millions d'euros de résultat courant incrémental d’ici à 2015.

Le bilan est aujourd'hui décevant. Les 81 Planet actuels ont vu leurs ventes diminuer de 1,4% depuis leur ouverture, à comparer avec le recul plus fort encore des magasins non convertis (-5,4%). Nettement insuffisant au vu des investissements réalisés de 400 millions d’euros.

Décryptage promotion de Philippe ingold

Au delà des erreurs probables faite dans le déploiement du concept, c'est bien la légitimité du concept de "concept" sur laquelle il fait réfléchir, au moins dans l'univers de la grande distribution alimentaire. La grande surface alimentaire se définissait à l'origine comme une "usine à vendre", fondé sur la productivité afin de proposer les prix les plus bas à la grosse population des classes moyennes, familles avec enfants, vivant dans des zones suburbaines. Rien à voir donc avec des concepts de distribution spécialisée très positionnés et ciblés visant des populations spécifiques et aisées plutôt dans un contexte urbain.
Dans la distribution alimentaire, à l'exception bien sûr de concepts spécifiques et d'enjeux limités (bio, halal, etc.), les concepts nouveaux sont majoritairement fondés sur le prix bas (hard-discount, clubs, entrepôts, etc.) et aussi sur la praticité pour le shopper qui privilégie la proximité du point de vente, la facilité du parcours, la limitation de la durée des achats, etc.
Des contraintes fortes donc pour faire basculer des shoppers sur une autre enseigne et donc peu d'élasticité du taux de nourriture. Nous ne sommes plus à l'époque où Carrefour avec Euromarché ou Auchan avec Mammouth réalisaient de grosses performances avec le passage à une nouvelle enseigne. Carrefour l'avait d'ailleurs constaté avec la reprise des Continent qui n'avait pas donné les résultats escomptés. La passage au concept Planet ne pouvait raisonnablement pas permettre les taux de progressions envisagés.
Maintenant que fait-on du "réenchantement" de l'achat, thème très en vogue ? Parlons simplement de plaisir. Et bien, il passe beaucoup par l'événement commercial et/ou promotionnel qui va apporter des bénéfices aussi bien matériels qu'hédoniques aux shoppers. Sans doute plus que par des concepts séduisants et "bien léchés" mais par définition figés.


 
Carrefour garantit les prix les plus bas
Source : http://lesprixbaslaconfianceenplus.carrefour.fr/

Pour améliorer son image prix, son tendon d'Achille, Carrefour garantit d'être le moins cher sur 500 articles de grandes marques. Et pour le prouver propose de rembourser deux fois la différence.

La comparaison doit se faire dans des magasins comparables, dans un rayon de 15 kilomètres et dans un délai de 15 jours. Ne sont pas pris en compte les promotions ou remises différées. 10 remboursements du m^me produit maximum.
La demande de remboursement peut se faire on-line avec numérisation des preuves d'achat et du ticket de caisse ou par courrier (enveloppe T disponible à l'accueil).
Le remboursement peut se faire sous forme de bon d'achat ou de crédit de la carte de fidélité.
Pour égayer la proposition, l'enseigne propose en outre un petit jeu de mémoire, fondé sur l'association de paires de produits dans une grille.

Bien sûr, l'enseigne développe une grosse campagne de communication pour améliorer son image prix. Le spot TV insiste sur le fait que les produits concernés sont du quotidien (contrairement à certaines opérations promotionnelles ?).

Décryptage promotion de Philippe ingold

Cette action n'est pas de nature promotionnelle puisqu'elle n'est pas limité dans le temps. Dans son principe, elle est même anti-promotionnelle puisqu'elle va concerner des prix de fond de rayon.
Maintenant, est-elle convaincante ? Le chiffre de 500 produits peut paraître important mais il reste limité, comparé aux 20 000 références de produits PGC présentes dans un hyper. La garantie est-elle intéressante, autrement dit, couvre-t-elle un risque important ? Non, puisque les produits concernés sont de consommation courante et que les différences de prix vont le plus souvent se limiter au mieux à quelques dizaines de centimes. Et en contrepartie il faut apporter une preuve du prix pratiqué par le concurrent et donc aller la chercher sur place en perdant donc pas mal de temps et d'argent. En effet quelles preuves d'achat peuvent être apportées ? Cela n'est pas précisé dans la règlement. On ne peut utiliser les prospectus papiers ou on-line puisque ceux-ci communiquent sur des prix promotionnels. Ni les sites de commerce électronique exclus de la comparaison. Une photo de l'affichage n'est pas toujours facile à réaliser. La seule possibilité opérationnelle est l'achat du produit qui permet d'obtenir un ticket de caisse avec prix et référence. Mais pourquoi le shopper irait-il acheter des produits identiques à ceux déjà achetés ? Il faudrait qu'il soit particulièrement procédurier !
Bien sûr, l'opération est de nature publicitaire, mais le shopper ne risque-t-il pas d'en décrypter trop facilement les ficelles, avec un effet boomerang négatif ?


 
Le retour de la coopération commerciale
Source : LSA - 8 décembre 2011 - Etude Advantage
Pour ne pas effrayer les lecteurs, précisons que la coopération commerciale doit s'entendre dans son sens littéral et non dans son acception purement financière ! Ce ne serait d'ailleurs pas un retour ...
La société d'étude Advantage intervient depuis 7 ans sur l'optimisation des liens industrie-commerce. Son étude annuelle auprès de 500 décideurs de la distribution portent sur leurs attentes auprès des fournisseurs. Si les premières priorités portent sans surprise sur les niveaux de marges, la compréhension des objectifs, on voit monter les attentes de coopération :
- soutien des initiatives marketing et de comarketing (4ème priorité vs 6ème en 2010)
- demande de business plans conjoints (6ème vs 12ème)
- programmes sur mesure pour aider à la différenciation (8ème vs 14ème)
- gestion efficace des opérations promotionnelles (9ème vs 15 ème)
Décryptage promotion de Philippe ingold

Les enseignes ont bien sûr besoin des marques pour se différencier. Cela passe par des opérations personnalisées et originales, mais aussi par une exploitation plus intelligente des NIP. Certes quelques enseignes, que nous ne citerons pas, ne cherchent que le financement d'opérations hard-selling. Les autres seront de plus en plus ouvertes à des propositions fondées sur des analyses marketing et se libérant des stratégies promotionnelles indifférenciées.


 
Intermarché lance la MDD "Itinéraire des saveurs"
Source : prospectus Intermarché octobre 2011 - http://itinerairedessaveurs.com/

Intermarché lance cette MDD qui propose des produits emblématiques des régions françaises ainsi que des recettes dépaysantes venues des 4 coins du monde. Une centaine de références a déjà été lancée. L'objectif est un doublement en 2012 et un CA de 250 M €.
Le lancement est appuyé par l'utilisation d'un mécanisme de bon d'achat cagnottable progressif : 20 % en avantage carte sur 2 produits de la gamme achetée, 30 % pour 3 produits, 40 % pour 4 produits et plus.

 

Décryptage promotion de Philippe ingold

On oublie trop souvent qu'Intermarché est un des plus fervents adeptes des marques de distributeurs, avec notamment un outil de production intégré et des marques catégorielles (pâturages, Monique Ranou, Saint Eloi, etc.). Cette approche transversale et premium est ainsi nouvelle pour l'enseigne et intervient bien après Reflets de France (Continent, puis Carrefour) et autres clones. C'est très certainement un outil de positionnement utile pour l'enseigne.
Notons ici l'utilisation d'un mécanisme promotionnel très adapté pour ce lancement, un bon d'achat cagnottable progressif multiproduits qui incite fortement à circuler dans la gamme. Il avait déjà été utilisé par cette enseigne sur les conserves de légumes, produits stockables par définition.


 
Le grand retour des primes collection dans les enseignes
Source : leaflet magasin Carrefour Market - octobre 2011
Pour obtenir l'une 6 figurines Tintin, collectez 25 vignettes chez Carrefour Market et collez-les sur le collecteur disponible dans le magasin. Ces vignettes peuvent être obtenues par tranche de 25 € d'achat mais surtout pour l'achat de produits partenaires (1 à 4 vignettes). Le mercredi le nombre des vignettes est doublé avec la carte Carrefour Kid's Club.
Un fois le collecteur rempli, vous choisissez votre figurine en magasin et vous scannez le collecteur.
1,5 M de figurines ont été prévues.
L'opération est programmée du 26 octobre au 28 novembre 2011.
Décryptage promotion de Philippe ingold

Encore une opération de prime collection s'appuyant sur des licences, après Disney chez Carrefour, Dreamworks chez Cora, Asterix chez Auchan. On peut donc avancer qu'il s'agit d'une vraie tendance qui ne fait d'ailleurs que reprendre les vieilles recettes à succès de la distribution d'avant guerre et aussi des enseignes dans maints autres pays.  Les enseignes françaises s'y mettent curieusement à une époque où, après la fin de la loi Galland, tout devait reposer sur la compétitivité prix... Et bien non, le shopper, même près de ses sous, a aussi envie de s'amuser, jouer, rêver, et de faire plaisir à ses enfants. Ce type d'opération ne crée pas de gros trafics supplémentaires mais améliore les taux de nourriture avec des coûts assez faibles. Et contribue à entretenir une vraie fidélisation des clients par la création d'un bénéfice hédonique. Bien plus efficace à long terme qu'une action de rétention s'appuyant sur des bénéfices économiques.


 
La guerre des couteaux Carrefour - Auchan
Source : prospectus Carrefour et Auchan - octobre 2011
Carrefour a défouraillé le premier le 25 octobre avec une nouvelle opération autopayante permettant d'acheter des couteaux Thomas avec une remise de 60 %. Avec 20 vignettes (1 par tranche de 10 € d'achats), vous pouvez acheter un couteau au choix avec une remise de 60 %. Auchan dégaine une semaine après avec les couteaux Fontignac. 20 vignettes également pour bénéficier de remises allant jusqu'à 80 %. Les vignettes peuvent aussi s'obtenir par tranche d'achat de 10 €, mais aussi par l'achat de marques partenaires (10 vignettes).
Le mécanisme est identique : collecte de vignettes à coller sur un collecteur, choix du produit en rayon et passage en caisse.
Décryptage promotion de Philippe ingold

La mise en place parallèle de deux opérations aussi proches est étonnante. Après le succès de l'opération casseroles, également de la marque Thomas (environ 2 millions d'unités vendues, selon nos sources), Carrefour remet le couvert (pardonnez-nous ....) avec des couteaux ! Auchan qui a du avoir vent des résultats ne veut pas être en reste .... Pour compléter nos informations, Géant propose aussi actuellement une opération sur la gamme Tefal (50 % avec 5 timbres obtenus par tranche de 10 €) ..... Ce n'est plus un hasard. Ces opérations autopayantes obtiennent de très bons résultats, comme d'ailleurs partout dans le monde. La distribution française ne fait pas exception. Et c'est toujours, selon une vieille règle souvent oubliée en promotion, les ustensiles ménagers qui restent le plus attractif.


 
Carrefour change sa politique promotionnelle
Source : LSA - 6 octobre 2011
Dans un entretien exclusif, Noël Prioux, le nouveau directeur exécutif de Carrefour France redéfinit de nouvelles pratiques commerciales ou plutôt un retour à des pratiques commerciales qui ont fait leurs preuves dans le passé.
Il s'agit tout d'abord de redonner de l'autonomie aux magasins pour mieux s'adapter à la demande et à la concurrence locale.
Ensuite de rééquilibrer la stratégie de l'enseigne entre les prix, la promotion et la fidélisation. Pour Noël Prioux, trop d'argent a été injecté dans les promotions. Certaines promotions habituelles vont être abandonnées, comme Promolibre. L'accent est mis sur le retour à la simplicité. Le risque de baisse de chiffre d'affaires est clairement identifié mais devrait être compensé par une amélioration de la rentabilité. L'accent est clairement mis sur la baisse de prix sur les références les plus vendues.
Décryptage promotion de Philippe ingold

On ne peut que suivre ce dirigeant, blanchi sous le harnais de Carrefour, sur son retour à certaines bases du commerce et aussi de la réussite passée de l'enseigne. Mais il est ainsi un peu surprenant de voir affirmer la nécessité de s'adapter au contexte local. Mais la réponse est peu précise : s'agit-il de "clusteriser" (quel barbarisme !) les magasins ou de faire du sur-mesure ?  L'avenir du concept Planet n'est pas vraiment abordé. Il semblerait avoir du plomb dans l'aile avec une forte altération sur le concept de base et un frein sur le rythme des transformations.....
Concernant les promotions,  nous ne pouvons qu'approuver la recherche de simplicité. Nous nous étions d'ailleurs ému dans ces colonnes de l'extrême complexité de la Promolibre. Nous n'avons pas encore vraiment enregistré de baisse significative de la pression promotionnelle, ni noté l'abandon de certaines pratiques promotionnelles. Noël Prioux n'évoque pas non plus la place accordée à la fidélisation. Celle-ci n'étant chez Carrefour qu'un avatar de la promotion via les NIP.
Il s'agit aussi de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Le directeur exécutif avance ainsi que toute promotion est bonne, sauf quand elle commence à coûter de l'argent ! C'est un peu simpliste. Certaines actions promotionnelles, de nature stratégique ou relationnelles peuvent coûter de l'argent. Ce sont des investissements au même titre que la publicité par exemple. En revanche, il est clair que des formes de promotion marchande ou hard-selling n'ayant que des effets de court terme ne font qu'attirer une clientèle d'acheteurs occasionnels et opportunistes sur lesquels la rentabilité est faible, sinon négative.

Leclerc ou Intermarché ont bien montré qu'un modèle fondé sur les prix bas fonctionnait bien dans le contexte actuel post-Galland. Mais il n'est pas certain que Carrefour qui n'est pas un discounter de nature fonctionne sur un modèle comparable. L'enseigne s'est depuis toujours fait remarquer par de très grosses opérations événementielles, souvent fondées sur des mécanismes innovants. Attention à ne pas perdre cet élément de différenciation et d'attractivité !


 
Carrefour fait tester ses produits
Source : http://www.carrefour.fr/mes_produits/panel_carrefour/ - LSA 1er septembre 2011
L'enseigne fait participer ses consommateurs à l'évaluation de ses produits à marque Carrefour. Un panel test de 15 000 familles européennes a ainsi été constitué pour évaluer les produits à domicile selon bien sûr des critères de dégustation mais aussi de praticité. Sur la base des réponses aux questionnaires; l'enseigne repensera les produits n'ayant pas reçu une note suffisante. Ce sont déjà 400 produits (alimentation, hygiène et entretien) qui ont ainsi déjà été testé et qui vont faire leur apparition en septembre avec un nouveau logo "Inspiré, testé et approuvé par le Panel Test Carrefour. L'objectif pour fin 2012 est de 5000 produits !
Pour compléter le dispositif, sont promposées des dégustations en magasin et une boîte à idées sur Facebook
Décryptage promotion de Philippe ingold

Le groupe Casino avait en son temps proposé un tel dispositif, avant la découverte du "marketing participatif". Mais il semble bien que l'actuel dispositif de Carrefour a une beaucoup plus grande envergure !  Sa logique s'impose d'elle-même sans qu'il soit besoin de vraiment la justifier. Maintenant il faut attendre d'observer les moyens que l'enseigne va mettre en œuvre pour bien communiquer sa démarche et ses objectifs. Les produits testés seront-ils mis en valeur, feront-ils l'objet de promotions ?